Halte sur la piste d'In Guezzam

Samedi 19 août

Après achat pain et cigarettes, nous prenons la piste d’In Guezzam ; Le début est sinueux, nous contournons les contreforts du massif de l’Atakor, pour trouver une piste de montagne. Rencontre avec un minibus WW puis une 2 CV, ils viennent du Cap sans problèmes particuliers. Après 100 km la piste s’aplanit puis devient tôle ondulée, plus loin le sable fait son apparition. Midi, thé réparateur puis on roule sous une chaleur accablante. Bivouac à 17 heures au milieu de nulle part, seuls quelques cailloux ponctuent l’immensité.

Un land avec 4 français, arrive du sud. Echanges d’informations sur la piste et les formalités de frontière.


Dimanche 20 août

Réveil avec un vent de sable qui masque tout, même le soleil. Lever de camp et départ direction la frontière. La piste est ponctuée de balises tous les 10 km , In guezzam (120, 100, 80,…). La piste est pénible avec un mélange de  tôle et de sable,  la chaleur est obsédante, Quelques arbres annoncent In Guezzam, nous y arrivons à 10 heures. Un panneau « Contrôle à 100m », puis un douanier qui nous arrête et nous pique tous nos papiers, pendant qu’un autre nous surveille du coin d’un fusil. Les formalités accomplies, le douanier ouvre une chaîne qui barre la piste avec du barbelé à gauche et à droite. Devant nous c’est un no man’s land de 25 km jusqu’au poste frontière d’Assamaka au Niger.


Des bancs de sable en légère montée nécessitent de lancer les 2 CV à fond pour ne pas rester planté.  Bernard s ‘ensable et l’on sort les plaques pour la première fois. Une pancarte indique Assamanka, le paysage change, tout est plat et les mirages confondent le ciel et la terre. On croise une land d’une  mission Cinéma, qui nous indique de tirer sur la gauche dés que l’on voit le poste, le conseil s’avère judicieux et nous permet d’éviter une grande étendue de sable mou. Un grand douanier noir nous souhaite la bienvenue au Niger, cela nous change de l’austérité des militaires algériens.

Formalités d’entrée au Niger et repas dans une cahute. La prochaine étape est Arlit, ville minière à 250 km sans aucune piste, un guide est absolument nécessaire en l’absence de moyens de navigation fiable. Ahmed sera notre guide, il s’installe dans la JS 03 place passager. Spectacle inoubliable que Ahmed nous guidant au milieu de rien, nous sommes au centre d’un cercle délimité par les mirages sur 360 degrés. Ahmed sue, concentré à l’extrême. La longue et lente marche de la caravane défile dans sa tête à l’allure de la 2CV. 17h 30, tout le monde est fatigué, et nous nous reposons devant un repas pantagruélique préparé par le chef Gérard, qu’Ahmed apprécie te remercie d’une prière. La nuit tombe et l’on tient conseil avec Ahmed qui nous parle des étoiles, du sable , des touaregs et des caravanes.

Lundi 21 août

Ahmed nous réveille, c’est l’heure du départ de la caravane avant les heures chaudes. Navigation comme en mer, le cap étant tenu par la boussole Ahmed, la main indiquant la direction, un peu à droite ou à gauche. Quelques arbres rabougris, on essai de trouver des gazelles, mais la chasse s’avère infructueuse. Le port d’Arlit apparaît au loin, c’est  un centre d’extraction de minerai d’uranium. Nous donnons les passeports à l’entrée de la ville. Nous retrouvons les 4 en Land Rover, les 4 en 2CV et nous voyons enfin le convoi de 2CV postales mené par un curé d’Orléans, dont on entend parler depuis Ghardaïa. François et le barbu aux bijoux vont voir le directeur de l’usine pour obtenir l’autorisation de se baigner dans la piscine des ouvriers. Midi, gargote pour 75 cfa, on retrouve Ahmed. Marché, achat de thé, premiers contacts avec l’Afrique. A 18 heures, nous avons l’autorisation de prendre la route, nous faisons fissa, et l’on fait le bivouac 1 km après la douane.


Mardi 22 août
Lever et réparation de pneus, quelques difficultés avec la batterie de la 74.La piste est claire, facile, mais 2 crevaisons coup sur coup. La piste devient dure avec traversée d’oued, des trous et de la tôle. On crève, ennui de batterie, thé après la collision de Didier. Et l’on repart. 5 heures 30, dernière crevaison, arrêt. Des femmes touaregs viennent vers nous. Elles ont droit à un parfum Audace. Didier et François réparent les pneus, tandis que Bernard et Gérard vont faire connaissance avec les touaregs. Lait de chameau trait devant nous. Retour au camp pour manger, accompagné d’hommes qui défilent un par un pour avoir un cadeau. Après le repas nous sommes invités à un tam tam chameaux. Nous faisons nos premiers pas à chameau accompagné par le tam tam des femmes. Tam tam que l’on a vu fabriqué avec une peau tendue sur un pot de terre, 2 bouts de bois avec des ficelles, 2 sacs de sable et le rythme endiablé parcourt le camp. Une fille, une jeune fille chante encore dans nos mémoires. Mon dieu, qu’elle était belle au milieu de cette amitié ; Vers minuit, nous voulons aller nous coucher, nos hôtes nous laissent partir sans oublier de nous proposer leur femme. Nous n’avons jamais su si ......

Mercredi 23 août

Lever, vent de sable. François a renoncé à dormir sur le toit. Adieu aux touaregs si accueillants. La piste est de plus en plus emmerdante. Rencontre avec 3 françaises à chameau (une semaine, 2000 cfa). Et l’on accélère jusqu’à Agadez où l’on arrive affamés, épuisés, le moral par terre. On se retape chez Big Boy, un noir du Togo très sympa, spectateur et acteur d’un marchandage éternel. Et l’on va à la piscine camping avec le couple aux bijoux ; 150 cfa piscine, douche et lavage. On se repose. Des français arrivent d’Afrique Centrale, ils ne font rien pour nous remonter mais qu’import, la douche est bonne. 6h déjà ! On retourne à Agadez sans oublier de perdre les clés. Marché, rencontre avec Mamadou, le roi des guides d’Agadez, thé au marché aux milles lampes, couscous sans lumière, thé, et l’on dort pré de la douane.


Jeudi 24 août

Lever, thé, confiture, bidon, achats, vente, chef de douane. Agadez, ville marchande, ville de marchandage. Afrique,  éternelle Afrique. On bouffe chez Big Boy. L’après midi se passe pour Bernard à courir, pour Didier à faire le papa, pour Gérard et François à suer et parler avec un couple suisse just married au Dahomey et avec le couple de trafiquants de bijoux. 5h, on va boire une bière à l’hôtel de l’Air. Les 3 françaises chameaux vendent leurs bidons à perte. 6h, surprise on propose 100 000 cfa pour la JS 03. on verra cela demain. Et l’on va manger un riz pimenté au p’tit resto, puis dodo à la maison du bon dieu, sans oublier de se faire vider d’une baraque par un vieux français décidément très con.


Vendredi 25 août

 Lever, thé au feu de bois préparé par les bijoutiers. Gérard et François négocie la JS 03 pour 105 000 cfa, l’acheteur est un négociant qui possède des camions, nous pourrons rejoindre Niamey avec le prochain départ.

Quant à Didier, il s’installe sur le marché pour vendre tout l’équipement de cuisine. On va manger chez Big Boy. François et les suisse sont malades, chiasse et début de palu. Tout le bordel se retrouve chez Big Boy, qui est lui aussi en pleine crise de pal. Son restaurant est transformé pour l’occasion en entrepôt et infirmerie. Après midi marchande, Bernard vend la 74 pour 70 000 cfa. Didier fait toujours le papa et François se remet petit à petit. La ville est chamboulée par l’arrivée du nouveau préfet. Resto et l’on va coucher chez l’acheteur de la 74.


Samedi 26 août

Lever, nous rangeons les pièces détachées que l’on se prépare à emporter avec nous à défaut d’acheteur. On passe la  matinée à chercher Ebrahim qui serait intéressé, sans succès. Bouffe chez Big Boy, le camion part dans 3 heures, les pièces ne sont pas encore vendues. Un vent chaud et chargé de poussières souffle et calme la ville marchande. Fin du repas, Ebrahim arrive et propose 13 000 pour le lot de pièces, l’affaire ne se fera donc pas. On plie bagages et chargeons le tout sur le camion. Coup de théâtre, il faut payer le transport, et au dernier moment l’acheteur de la 74 propose 40 000 pour les pièces.


Le camion part en fin de soirée, nous roulons toute la nuit. C’est un semi remorque dont le chargement est constitué de bouteilles de bière vides, la Braniger. L ’état de la piste entre Agadez et Zinder est t-elle que le camion zigzague de part et d’autre, le bruit est infernal et nous tiens éveillé toute la nuit, il faut aussi veiller aux branches basses qui frôlent les ridelles et risquent de casser tout ce qui dépasse. On a trouvé miraculeusement des bouteilles non vides……











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